Le Camp César
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| Le Camp César |
| Un camp romain à la Chaussée-Tirancourt |
| Les camps de la vallée de la Somme |
| Un peu d'histoire... |
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Il s’agit d’un site historique fortifié choisi par les armées de César pour ses défenses naturelles. Le Camp César à La Chaussée-Tirancourt est un promontoire de 20 hectares protégé par la vallée de la Somme, la vallée de l'Acon et le fossé Sarrazin. Creusé de main d'homme, il à été classé 1er site naturel en France en 1985.
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Sur la rive droite de la Somme, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest d’Amiens, le site du « Camp de César » occupe une position stratégique au confluent des vallées de la Somme et de l’Acon. Il défend un passage obligé des marais de la Somme; le fleuve Somme est avant tout un axe de communication débouchant sur la Manche vers la Grande Bretagne. « La voie de l’Océan » édifiée sous le gouvernement d’Agrippa, entre 19 et 15 avant J.-C., importante voie stratégique qui relie l’Italie à Boulogne, ne passe qu’à 3 kilomètres au nord du camp.
Le plateau, délimité à l’ouest et au sud par les vallées de la Somme et de son petit affluent, forme un éperon qui domine d’une quarantaine de mètres la vallée de la Somme. L’accès depuis le plateau est protégé par une fortification longue de près de 500 m, en arc de cercle parfait, composée d’un large fossé couplé à une levée de terre ; le dénivelé entre la crête du rempart et la base du fossé atteint 11 m .
Dans sa partie médiane, là où passe aujourd’hui le chemin qui relie le hameau de la Tirancourt au village de Saint Wast, le système de fortification est interrompu sur une largeur de 5 m, ce qui marque l’emplacement de la porte antique (une maquette de reconstitution de cette porte est présentée dans l'exposition 600 000 ans d'Histoire du Dôme des expositions).
L’espace enclos occupe un plus de 20 hectares ; à l’intérieur de cet espace une seconde fortification, également de tracé circulaire, a été mise en évidence par la prospection aérienne. Cet aménagement totalement arasé ne subsiste plus aujourd’hui que sous la forme d’une ondulation presque imperceptible dans le paysage ; une interruption dans sa partie médiane apparaît nettement sur les photographies aériennes, elle révèle également l’emplacement d’une porte.
Ce site est connu de longue date, son toponyme actuel, « camp de César » date du XVIIIème siècle, alors qu’il était identifié comme un camp militaire romain contemporain de la « Guerre des Gaules » ; au XIXème siècle, il fut interprété comme un oppidum gaulois. Les fouilles récentes révèlent une occupation militaire postérieure d’une à deux décennies au passage de César dans la région.
Un camp romain à la Chaussée-Tirancourt
Fouillé de 1983 à 1993, le camp de La Chaussée-Tirancourt, est probablement le site fortifié de la fin de l’âge du Fer le mieux documenté au nord de la France.
Le matériel recueilli date de la seconde moitié du Ier siècle avant J.-C. et présente indéniablement un caractère militaire ; il se compose d’objets indigènes mêlés à des pièces caractéristiques de l’équipement du légionnaire romain. Le site est postérieur à la « Guerre des Gaules » et ne correspond pas à la notion d’oppidum telle que les archéologues la définissent aujourd’hui. Alors que depuis la fin du XIXème siècle il était interprété comme un « oppidum » celtique, il convient donc de le considérer comme un camp militaire romain.
Les installations de l’armée romaine, de l’époque de la conquête à la fin du Ier siècle avant J.-C., sont encore très mal connues, les sites identifiés pour cette époque sont particulièremet rares. Le camp de La Chaussée-Tirancourt constitue un site remarquable pour l’étude des débuts de la présence romaine dans nos régions.
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Les camps de la vallée de la Somme
Dès le début du XVIIIème siècle, les érudits se sont intéressés aux collines fortifiées qui jalonnent le cours de la Somme. Ces sites ont plusieurs points communs : une position de hauteur, une surface de l’ordre d’une trentaine d’hectares, des protections qui combinent des défenses naturelles, ici des pentes abruptes, et des aménagements architecturaux constitués par de puissants terrassements qui renforcent les points faibles ; la forme de la fortification, en arc de cercle, est une constante, sauf à l’Etoile où le rempart couronne le haut de la colline.

Dans la mesure où ces sites n’ont été que peu fouillées, leur histoire reste en grande partie inconnue ; seul le titre de « La Chaussée-Tirancourt » a bénéficié d’une étude d’envergure, avec 11 campagnes de fouilles successives entreprises dans le cadre de l’aménagement du parc de Samara.
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Un peu d’histoire…
Le site de La Chaussée-Tirancourt se situe à une époque charnière de notre histoire, précisément entre la conquête romaine et le début de l’organisation administrative de la Gaule. Cette période d’une trentaine d’années est marqué par de nombreux troubles en Gaule comme dans l’ensemble du monde romain : conflit dû aux conséquences de la prise de pouvoir par César à Rome, le chaos d’une guerre civile qui ne prend fin qu’avec l’avènement d’Auguste, en 27 avant J.-C.
Notre région brusquement sortie de l’ombre avec l’intrusion des troupes romaines, en 57 avant J.-C. et le récit fourmillant de précisions que donne César de ses campagnes militaires en Gaule , retourne dans l’obscurité avec le retour de celui-ci en Italie. Suit alors une période mal connue où le regard se tourne vers la Méditerranée, là où se déroulent les opérations militaires les plus importantes et où se joue le destin politique de Rome. Du nord de la Gaule parviennent les lointains échos de révoltes sporadiques. Soulèvement des Bellovaques en 46 avant J.-C., des peuples de la Seine au Rhin en 39 avant J.-C., des Morins en 33 avant J.-C., révolte des Trévires et des Germains en 29 avant J.-C., enfin soulèvement des Aquitains en la même année. Le conflit le plus important, la révolte des Morins réprimée en 31 avant J.-C. , valut à celui qui les avait vaincus, le proconsul Carrinas, un triomphe à Rome.
Il est probable que les camps fortifiés répartis le long du cours de la Somme aient servi de base arrière aux quelques légions et surtout aux troupes auxiliaires engagées dans les opérations de pacification du nord de la Gaule. Pour J.-L. Brunaux, le fouilleur de La Chaussée-Tirancourt, si la contemporanéité de ces camps se vérifie, ils pourraient avoir formé une sorte de ligne de défense destinée à surveiller les peuples de la Belgique, les plus belliqueux, et à leur interdire toute alliance d’importance.
Au même moment, l’essentiel des unités romaines était engagé dans des théâtres d’opérations lointains. Une partie des effectifs recrutés était des soldats provinciaux non-citoyens ; c’est le cas de la légion V « alouette » formée en 52 avant J.-C. avec des Gaulois Transalpins. D’autres Gaulois combattaient dans les unités auxiliaires ; de retour au pays après plusieurs années de guerre, ils ont contribué à introduire de nouvelles idées, de nouvelles pratiques, et de nouveaux comportements dans la société gauloise, prémices de la romanisation qui n’intervient qu’au début du règne du successeur de César, l’Empereur Auguste.
Entre Protohistoire et Histoire, cette période voit la fin de ce que les archéologues appellent la culture de la Tène, du nom du site Suisse où elle fut pour la première fois mise en évidence, et qui correspond à al fin de l’âge du Fer. Elle ne prend fin qu’avec le règne d’Auguste et la réorganisation de la Gaule sur le modèle romain, nous sommes ici entrés dans l’Histoire.
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Un ouvrage disponible à la boutique de Samara vous permettra de mieux connaître toute l'histoire de ce site historique : Le Camp César, un camp militaire romain du Ier siècle avant J.-C. à La Chaussée-Tirancourt, G. Fercoq du Leslay.
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Mis à jour ( Lundi, 12 Juillet 2010 11:04 )
Le Camp César

