Le parc de Samara abrite en son sein un précieux témoignage archéologique connu sous le nom de "Camp de César".
Ce vaste plateau de 20 hectares est délimité à l'ouest et au sud par les vallées de la Somme et de son petit affluent, l'Acon. L'accès en direction d'Amiens est barré d'un puissant talus précédé d'un large fossé. Cette fortification encore visible de nos jours est longue de près de 600 m. Les spécialistes connaissent bien cette architecture qui trouve ces origines à la période gauloise et que l'on nomme "éperon barré".

l oppidum   oppidum vallee   oppidum vue aerienne

La découverte du site et les premières campagnes de fouilles
Depuis le XVIIIe siècle de nombreux spécialistes ont disserté sur la fonction de cet édifice, sans effectuer de réelles fouilles.
En 1962 Roger Agache, précurseur de la prospection aérienne, découvre un second rempart arasé à l'intérieur des 20 hectares, présentant un schéma totalement inédit au sein de ce type de structure. Il faut attendre la fin des années 1980 pour que de véritables fouilles s'effectuent sur une petite partie du site (portes des deux remparts).
Les archéologues mettent alors au jour un campement militaire romain daté de 40 à 25 avant J.C.

Chamboulement en septembre 2014, de nouvelles fouilles en 2015
Des sondages géophysiques menés par l’État sur le site dévoilent des anomalies antérieures à l'occupation romaine. C'est durant l'été 2015 que de nouvelles fouilles centrées sur le fossé intérieur viennent remettre en cause les données de 1989. Tout d'abord, les fouilles confirment les sondages dernièrement effectués. Le rempart intérieur révèle la présence d'un murus gallicus, qui est un rempart gaulois construit de poutres horizontales entrecroisés comblé de pierre et de terre. Ce type d'ouvrage défensif typique de l'oppidum est bien connu sur d'autres sites gaulois majeurs. L'occupation du site est donc bien antérieure à celle identifiée par les fouilles des années 1980. Autre surprise, et non des moindres, ce mur d'enceinte gaulois s’appuie sur une enceinte datant du Néolithique, période des premiers agriculteurs qui s'étend de 5 000 à 2 000 avant J.C. ! Et là, c’est une découverte majeure.

Au-delà de ces datations anciennes d'occupations, c'est tout un pan de l'Histoire qui se dessine petit à petit sous nos pieds. En effet, dans son ouvrage Guerre des Gaules, Jules César nous précise qu'en 54 avant J.C. il réunit un conseil des Gaules à Samarobriva, place fortifiée du peuple gaulois des Ambianii. Si les nombreuses fouilles archéologiques menées à Amiens ont bien démontré la présence du Samarobriva gallo-romain, aucune trace d'occupation gauloise n'y a été mise au jour. Après 40 ans de fouilles urbaines, on ne trouve rien de gaulois en centre ville en dessous de 30 avant J.C. Pourtant César dit bien dans son texte qu’il est à Samarobriva ? ...
Parle-t-il alors de la cité gauloise avant que celle-ci ne glisse dans le fond de vallée comme cela s’est fait en Gaule à l’époque gallo-romaine après la conquête ?
Beaucoup de travail reste à mener pour répondre à ces questions.

L’étymologie de Samarobriva, littéralement "Pont sur la Somme" et les récentes données archéologiques donnent à penser que Jules César aurait pu séjourner et réunir un concile des Gaules sur l'oppidum de la Chaussée-Tirancourt. Où installe-t-il alors toutes ses légions ? Sur les autres oppida de la Vallée de la Somme, comme Erondelle, l’Etoile et Mareuil-Caubert ? Ces sites ne regorgent pas de trésors archéologiques. Mais ils racontent peut-être la première page de notre Histoire de France. D'autant plus que les vestiges découverts à Samara témoignent de la présence d'une armée… Qui laissera les mêmes vestiges à Alésia deux ans plus tard en 52 avant J.C.
De surcroît, une croupe de sable de tuf, anomalie géologique, traverse la Vallée, de Samara jusqu’à Ailly-sur-Somme. Ce chemin naturel est encore visible et praticable. Il est aujourd’hui rompu par la Somme canalisée. De là à considérer le chemin formé par cette croupe de tuf comme un pont sur la Somme naturel, il n’y a qu’un pas. Mais que l’archéologie devra vérifier !

L'oppidum à l'époque gallo-romaine
L’oppidum de la Chaussée-Tirancourt ou site du "Camp César" est l’un des plus remarquables camps fortifiés du nord de la France. Cet oppidum contenait à l’époque gallo-romaine, plusieurs milliers d’hommes avec leurs bagages et troupeaux et a été utilisé lors du passage de César dans notre province. Sa construction est antérieure à la conquête de la Germanie. Sur cet oppidum, une armée en marche a construit un camp retranché.

« Quand il (César) eut fait mettre les navires à sec et tenu à Samarobriva (Amiens) l’assemblée de la Gaule, comme la récolte de cette année avait été peu abondante à cause de la sécheresse, il fut obligé d’établir les quartiers d’hiver de l’armée autrement que les années précédentes et de distribuer les légions dans diverses contrées […] César résolut d’hiverner lui-même aux environs de Samarobriva avec trois légions dont il forma trois quartiers. »
Jules César. La Guerre des Gaules. v.24 et v.53

Il s’agit d’un site historique fortifié choisi par les armées de César pour ses défenses naturelles. Le Camp César est un promontoire de 20 hectares protégé par la vallée de la Somme, la vallée de l'Acon et le fossé Sarrazin, creusé de main d'homme. L'oppidum est classé Monument historique depuis 1862.

L'oppidum défend un passage obligé des marais de la Somme; le fleuve Somme est avant tout un axe de communication débouchant sur la Manche vers la Grande Bretagne. "La voie de l’Océan" édifiée sous le gouvernement d’Agrippa, entre 19 et 15 avant J.-C., importante voie stratégique qui relie l’Italie à Boulogne, ne passe qu’à 3 kilomètres au nord du camp.

Le plateau, délimité à l’ouest et au sud par les vallées de la Somme et de son petit affluent, forme un éperon qui domine d’une quarantaine de mètres la vallée de la Somme. L’accès depuis le plateau est protégé par une fortification longue de près de 500 m, en arc de cercle parfait, composée d’un large fossé couplé à une levée de terre ; le dénivelé entre la crête du rempart et la base du fossé atteint 11 m.

Dans sa partie médiane, là où passe aujourd’hui le chemin qui relie le hameau de Tirancourt au village de Saint Vaast, le système de fortification est interrompu sur une largeur de 5 m, ce qui marque l’emplacement de la porte antique (une maquette de reconstitution de cette porte est présentée dans l'exposition 600 000 ans d'Histoire).

L’espace enclos occupe plus de 20 hectares ; à l’intérieur de cet espace une seconde fortification, également de tracé circulaire, a été mise en évidence par la prospection aérienne. Cet aménagement totalement arasé ne subsiste plus aujourd’hui que sous la forme d’une ondulation presque imperceptible dans le paysage ; une interruption dans sa partie médiane apparaît nettement sur les photographies aériennes, elle révèle également l’emplacement d’une porte.

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Illustrations : ©Florence Gonzalez, d'après les travaux de Clara Nomcedeu
 
Fouillé de 1983 à 1993, le camp de La Chaussée-Tirancourt, est probablement le site fortifié de la fin de l’âge du Fer le mieux documenté au nord de la France.

Le matériel recueilli date de la seconde moitié du Ier siècle avant J.-C. et présente indéniablement un caractère militaire ; il se compose d’objets indigènes mêlés à des pièces caractéristiques de l’équipement du légionnaire romain. Le site est postérieur à la "Guerre des Gaules" et ne correspond pas à la notion d’oppidum telle que les archéologues la définissent aujourd’hui. Alors que depuis la fin du XIXème siècle il était interprété comme un oppidum celtique, il convient donc de le considérer comme un camp militaire romain.

Les installations de l’armée romaine, de l’époque de la conquête à la fin du Ier siècle avant J.-C., sont encore très mal connues, les sites identifiés pour cette époque sont particulièrement rares. Le camp de La Chaussée-Tirancourt constitue un site remarquable pour l’étude des débuts de la présence romaine dans nos régions.
 
Dès le début du XVIIIème siècle, les érudits se sont intéressés aux collines fortifiées qui jalonnent le cours de la Somme. Ces sites ont plusieurs points communs : une position de hauteur, une surface de l’ordre d’une trentaine d’hectares, des protections qui combinent des défenses naturelles, ici des pentes abruptes, et des aménagements architecturaux constitués par de puissants terrassements qui renforcent les points faibles ; la forme de la fortification, en arc de cercle, est une constante, sauf à l’Etoile où le rempart couronne le haut de la colline.

Dans la mesure où ces sites n’ont été que peu fouillés, leur histoire reste en grande partie inconnue ; seul le titre de "La Chaussée-Tirancourt" a bénéficié d’une étude d’envergure, avec 11 campagnes de fouilles successives entreprises dans le cadre de l’aménagement du parc de Samara.


Un peu d’histoire…

Le site de La Chaussée-Tirancourt se situe à une époque charnière de notre histoire, précisément entre la conquête romaine et le début de l’organisation administrative de la Gaule. Cette période d’une trentaine d’années est marquée par de nombreux troubles en Gaule comme dans l’ensemble du monde romain : conflit dû aux conséquences de la prise de pouvoir par César à Rome, le chaos d’une guerre civile qui ne prend fin qu’avec l’avènement d’Auguste, en 27 avant J.-C.

Notre région brusquement sortie de l’ombre avec l’intrusion des troupes romaines, en 57 avant J.-C. et le récit fourmillant de précisions que donne César de ses campagnes militaires en Gaule, retourne dans l’obscurité avec le retour de celui-ci en Italie. Suit alors une période mal connue où le regard se tourne vers la Méditerranée, là où se déroulent les opérations militaires les plus importantes et où se joue le destin politique de Rome. Du nord de la Gaule parviennent les lointains échos de révoltes sporadiques. Soulèvement des Bellovaques en 46 avant J.-C., des peuples de la Seine au Rhin en 39 avant J.-C., des Morins en 33 avant J.-C., révolte des Trévires et des Germains en 29 avant J.-C., enfin soulèvement des Aquitains la même année. Le conflit le plus important, la révolte des Morins réprimée en 31 avant J.-C., valut à celui qui les avait vaincus, le proconsul Carrinas, un triomphe à Rome.

Il est probable que les camps fortifiés répartis le long du cours de la Somme aient servi de base arrière aux quelques légions et aux troupes auxiliaires engagées dans les opérations de pacification du nord de la Gaule.

Au même moment, l’essentiel des unités romaines était engagé dans des théâtres d’opérations lointains. Une partie des effectifs recrutés était des soldats provinciaux non-citoyens ; c’est le cas de la légion V « alouette » formée en 52 avant J.-C. avec des Gaulois Transalpins. D’autres Gaulois combattaient dans les unités auxiliaires ; de retour au pays après plusieurs années de guerre, ils ont contribué à introduire de nouvelles idées, de nouvelles pratiques, et de nouveaux comportements dans la société gauloise, prémices de la romanisation qui n’intervient qu’au début du règne du successeur de César, l’Empereur Auguste.

Entre Protohistoire et Histoire, cette période voit la fin de ce que les archéologues appellent la culture de la Tène, du nom du site Suisse où elle fut pour la première fois mise en évidence, et qui correspond à la fin de l’âge du Fer. Elle ne prend fin qu’avec le règne d’Auguste et la réorganisation de la Gaule sur le modèle romain, nous sommes ici entrés dans l’Histoire.

Un ouvrage disponible à la boutique de Samara vous permettra de mieux connaître toute l'histoire de ce site historique : Le Camp César, un camp militaire romain du Ier siècle avant J.-C. à La Chaussée-Tirancourt, G. Fercoq du Leslay.

Trois belvédères ont été installés sur l'oppidum que vous pouvez découvrir en vous promenant sur le sentier de randonnée de la vallée d'Acon.

Cette partie du parc est consacrée aux savoir-faire artisanaux et à la présentation des grandes périodes préhistoriques par la reconstitution d’habitats à échelle réelle. L’archéologie vivante prend ici tout son sens.

Savoir-faire et artisanat ancestraux

Le premier atelier que vous apercevrez est celui de l’artisan tailleur de pierre. Le second atelier est celui du potier, il présente, entre autres, les techniques de moulage du Néolithique et le tour de potier gaulois et gallo-romain. Vous pourrez également, selon la date de votre visite, échanger sur les techniques de tissage, de taille de silex ou encore de travail du bois.

atelier tissage

Par les gestes qu'ils reproduisent, les artisans et médiateurs tentent de retrouver les techniques utilisées pendant près de 15 000 ans. Lors d'expérimentations archéologiques, notamment pendant les événements, ils peuvent tenter de suivre la chaine opératoire de la reconstitution d'un objet ou d'une technique préhistorique.

La taille lithique

Par taille lithique, il faut entendre : taille du silex (lithos : la pierre).
Vous pourrez découvrir les techniques de taille pour créer un outil ou une arme préhistorique : pointe de flèche, perçoir, grattoir...

La poterie
Le potier vous explique les différentes techniques pour façonner l’argile, décorer la poterie… depuis la période néolithique jusqu'à la période gallo-romaine.

Le tissage
Le travail autour de fibres textiles (végétale tel que le lin ou animale tel que la laine) permet d'illustrer le filage, la teinture, le tissage depuis le Néolithique jusqu'à l'époque gallo-romaine.

Le travail sur bois
Le choix des reconstitutions d'objets en bois s'est porté sur celles réalisées avec un outillage métallique datant des périodes gauloise et gallo-romaine. Un grand éventail d'assemblages, d'outils, permet une production d'objets domestiques visible sur le parc (vaisselles, statues, outils agricoles, armement, ameublement, ex-voto...).

La vannerie - la sparterie
La fabrication de "cordes" apparait dès le Paléolithique Supérieur. Puis, à partir du Mésolithique,  le travail de la vannerie devient plus précis, plus délicat : confection de nasses, de corbeilles, de paniers spiralés, de vans, de filets notamment pour les activités liées à la pêche.
Tous ces objets sont réalisés à l'aide de matières végétales (clématite, osier, saule, noisetier, ronces, carex...).


Les reconstitutions d’habitats
toit de chaume
Les reconstitutions d’habitats, restituées à partir de fouilles réalisées en Picardie, sont l’illustration à échelle réelle des données fournies par l’archéologie. Ces maisons permettent une immersion dans la vie quotidienne de nos ancêtres, habitants de notre territoire du Paléolithique à l’Âge du fer.

Chaque reconstitution représente une étape de l'évolution de l'Homme en Picardie : habitat nomade, premier habitat sédentaire, habitat des premiers métallurgistes, habitat Gaulois juste avant la conquête de Jules César. Fiable sur le plan scientifique, chaque habitat reste une reproduction hypothétique puisque les archéologues retrouvent peu de vestiges de ces époques lointaines.

La tente du Paléolithique supérieur

les tentes paleolithiquesA la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans, les chasseurs Magdaléniens -le dernier peuple du Paléolithique- ont un mode de vie semi-nomade ou itinérant. Le gibier composé de rennes ou de chevaux est abattu en masse lors des périodes de migrations au printemps ou à l'automne. La chasse s’effectue à la sagaie lancée à l’aide d’un propulseur qui augmente considérablement la puissance et l’efficacité du tir.

Réalisée à partir des fouilles d’Etiolles et de Pincevent - la section 36 -, au sud de Paris, la tente reconstituée était probablement recouverte de peaux de rennes ou de chevaux. L’armature de l’habitation est composée de petites branches de moins de 2 mètres, les seules disponibles dans l’environnement glaciaire de cette époque. En Europe centrale et orientale, l’armature des tentes est souvent réalisée avec des ossements de mammouths.

Pour reconstituer cette tente, il a fallu :
-    des branches de saule de plus de 3 mètres de long (il faut un bois tendre et malléable) ;
-    3 km de lanière de cuir ;
-    des kilos de matière grasse pour assouplir les liens et les peaux ;
-    une centaine de peaux entières pour la recouvrir.

Le site de référence de Verberie - de la tente du Paléolithique -
Durant les fouilles, il est évident que seules quelques traces d'occupation ont été retrouvées: elles correspondent au cercle de pierre servant à maintenir les peaux de la tente, aux différents "déchets" disséminés : vestiges osseux, vestiges de débitage laminaire, zones vides qui servaient pour le couchage...
Le gisement Magdalénien de Buisson Campin à Verberie dans l'Oise a été découvert en 1974 par B. Lambot et fut fouillé depuis par F. Audouze en collaboration avec J. Enloe. Les niveaux archéologiques sont conservés dans des limons de débordement de l'Oise en bordure de la plaine alluviale actuelle. Comme la plupart des gisements magdaléniens du Bassin parisien, les vestiges lithiques ou osseux s'organisent à proximité des foyers. La faune chassée se compose presque exclusivement de rennes et on dénombre de 10 à 30 individus abattus selon les niveaux.
Le site est interprété comme une série de campements saisonniers successifs de chasseurs de rennes. Dans le niveau supérieur, l'existence d'une aire de dépeçage caractérisée par une surface circulaire vide ou presque, entourée d'ossements de rennes a été mise en évidence. A proximité de cette zone, se trouve une aire de découpage de la viande en lanières, constituée par un espace vierge entouré d'omoplates, de côtes et de lames de silex utilisées comme couteaux de boucherie. L'étude de la faune permet de situer les périodes d'occupation du site à l'automne : entre septembre et la fin du mois de novembre, ce qui correspond à la migration des troupeaux de rennes.
Comme pour les gisements magdaléniens du Bassin parisien avec Pincevent, Etiolles, le gisement de Verberie s'inscrit dans un cycle de déplacement annuel des chasseurs magdaléniens. Les datations par la méthode du Carbone 14 ont révélé une occupation datant de 14 ou 15 000 ans avant notre ère.


La maison du Néolithique Ancien (5 000 avant notre ère)

maison neolithiqueElle a été reconstituée à partir des découvertes de Cuiry-les-Chaudardes, dans l’Aisne.
Un village de l’époque des premiers agriculteurs-éleveurs pouvait être formé de 4 à 5 de ces longues maisons (celle-ci mesure 28m sur 7m, d’autres peuvent atteindre 48m sur 8m). A l’intérieur de ces maisons, 30 à 50 personnes pouvaient y vivre. Elles étaient alignées, côte à côte, suivant une orientation est-ouest pour mieux résister aux vents dominants et le toit est à double pente, réalisé en roseaux et en chaume. Les murs sont réalisés selon la technique du clayonnage puis enduits d’un mélange appelé torchis à base d’argile et de matières végétales.

Dans un environnement naturel dominé par les forêts, les premiers travaux de défrichement ont commencé.
La charpente est portée par des rangées de 5 poteaux calés dans des trous très profonds. Les fosses latérales ont fourni, lors de la fouille, de nombreux vestiges qui permettent de reconstituer la vie quotidienne des habitants de la maison.

Le site de référence de Cuiry-les-Chaudardes
Le village Néolithique de Cuiry-les-Chaudardes dans l'Aisne est fouillé depuis 1972. Ce site est en pleine zone alluviale et est soumis aux intempéries.
Plus de 60 000 mètres carrés fouillés ont permis de mettre au jour une trentaine de maisons. Il s'agit de la plus grande surface fouillé en France sur un site Néolithique.
Plusieurs hameaux de trois ou quatre maisons, établis près de la rivière, s'y sont succédés pendant environ deux siècles.
Les maisons, rectangulaires et trapézoïdales, mesurent une dizaine de mètres pour les plus petites, quarante mètres pour les plus grandes. Etablis sur des terres fertiles, entre l'eau et la forêt, les bâtiments sont orientés selon la direction des vents dominants. C'est dans les fosses qui bordent les maisons, creusées pour la fabrication du torchis puis utilisés comme dépotoirs, que l'on a retrouvé l'essentiel des objets permettant de comprendre l'économie et la vie quotidienne des populations du Vème millénaire avant notre ère. Il ne subsiste des bâtiments que les trous de poteaux.

Chaque maison semble avoir abrité "une famille élargie" et l'on estime que le village pourrait avoir réuni une soixantaine de personnes. La construction du village de Cuiry-les-Chaudardes au début du Vème millénaire est attribuée à la venue de colons originaires de l'Est qui apportent avec eux une économie nouvelle fondée sur la pratique de l'agriculture et de l'élevage : il s'agit des peuples du Proche Orient.


La maison de l’Age du Bronze (700 ans avant notre ère)

maison age du bronzeElle a été reconstituée d’après les fouilles de Choisy-au-Bac, au confluent de l’Oise et de l’Aisne.
La population s’accroît, l’action de l’homme se fait très forte dans l’environnement.
L’utilisation de l’araire et l’apparition de l’outillage métallique favorisent de nouveaux défrichements. La multiplication des sites fortifiés révèle des tensions entre les communautés voisines pour l’obtention des terres. Le commerce des matières premières (cuivre, étain…) et d’objets finis en métal entre les différentes régions va de pair avec une circulation des techniques et des idées.
Les dimensions plus réduites de cet habitat (7m sur 5) indiquent des modifications au sein du groupe familial. Les poteaux ne sont pas plantés dans le sol, la charpente est portée par une ossature de bois, posée sur une semelle de fondation. Elle est caractérisée par son toit à quatre pans et les pièces de bois sont reliées par des assemblages complexes réalisés à l’aide d’un outillage métallique. Cette maison présente les caractères d’une maison individuelle (contrairement à la maison du Néolithique) délimitée par un enclos (ce qui marque le début de la propriété privée).



La nouvelle maison gauloise (300 ans avant notre ère)
maison age du ferDepuis la création de Samara, les connaissances archéologiques ont largement évoluées, principalement du fait de l’essor de l’archéologie préventive. Les fouilles souvent menées sur des dizaines d’hectares, à l’occasion de travaux d’aménagement (routes, ZAC, lotissements…), révèlent l’évolution des formes d’occupation du sol. Pour l’époque gauloise (Ve-Ier siècle avant notre ère) l’archéologie montre une campagne densément occupée par l’homme, parfois riche propriétaire terrien, qui y a édifié ses fermes. Samara est en mesure de reconstruire, au plus près de la réalité, l’une des demeures de l’aristocratie gauloise.

La ferme du IIIème siècle avant notre ère

Dans le cadre de recherches menées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), près d’Amiens, dans la Zac de la Croix de Fer, ont été mis en évidence les plans de dizaines de fermes et leur cortège de constructions, fosses, fossés et tombes. L’un de ces sites, découvert sur la commune de Glisy, illustre un type d’organisation qui apparaît dans la région à la fin du IVe siècle avant notre ère. Les habitats, qui se présentaient jusque là sous forme de petits hameaux ouverts, vont soudainement se retrancher à l’intérieur d’enceintes délimitées par un fossé. Bien que l’on ne soit pas en présence de réelles fortifications, cette volonté de regrouper et de protéger les activités de l’exploitation agricole témoigne d’un tournant social important, caractérisé par la matérialisation des limites d’une propriété. Dans le même temps, le soin apporté à la réalisation des clôtures et parfois leur aspect imposant expriment la richesse des habitants du lieu.

Une ferme bien structurée

A Glisy, le fossé ne borde qu’une partie de la ferme et on suppose que la clôture se prolongeait en une haie dense pour enclore un espace d’environ 3000 m². Le fossé, creusé dans la craie, atteint une profondeur d’1,20 m ; à l’origine elle devait avoisiner les 1,60 m. Dans l'espace intérieur de la ferme, la distribution des bâtiments et des structures de stockage témoigne d’aires d’activités spécialisées. Les activités agricoles se concentraient dans la partie ouest et les activités domestiques ou artisanales dans la partie sud-est. Des espaces dépourvus d’aménagement constituaient des cours ou des jardins.
Une douzaine de bâtiments sur poteaux se répartit de manière ordonnée sur le pourtour de la ferme. On y trouve de petits bâtiments, utilisés comme greniers pour stocker les denrées ou pour certains comme poulaillers. D’autres constructions rectangulaires d’une quinzaine de mètres carrés ont pu servir de granges ou d’abri pour les animaux. À l'angle sud de la ferme, la plus grande construction, qui atteint près de 100 m², pourrait correspondre à une grange. Dans la partie nord, à proximité des greniers, se répartissent trois silos à céréales creusés en pleine terre ; l’un d’eux a été réutilisé pour inhumer un enfant d’environ huit ans ; un autre contenait un masque facial humain, les restes d’un bouclier et les reliquats alimentaires d’un banquet qui témoignent de gestes à connotation cultuelle.
Au centre de la ferme, une construction semble correspondre à la maison d’habitation ; seuls subsistent aujourd’hui les poteaux qui soutenaient la charpente et ceux qui marquaient les deux entrées opposées du bâtiment.

Une maison luxueuse

Les dimensions de cette maison, habitée il y a 2200 ans, sont de 7,80 m par 6,60 m. La toiture à quatre pans culmine à 7,50 m. Avec ses 50 m² au sol, cette bâtisse de bois, terre et paille, compte parmi les plus grandes de la région. Les archéologues ont fait le choix d’une finition soignée, avec des bois équarris, un plancher et des murs peints.


Découvrez les étapes de la construction de la maison gauloise

La zone d’expérimentations archéologiques est un espace où se déroule chaque année, en collaboration avec l’Institut national de recherches archéologiques, une expérimentation grandeur nature. Il s’agit en quelque sorte d’un terrain de jeux où les archéologues testent les dernières découvertes réalisées. Vous êtes ainsi invités à partager les connaissances actuelles du domaine de la recherche.

Lors de l'expérimentation de mai 2013, L’Inrap et Samara ont reconstitué trois fours de potiers copiant les découvertes faites à Arras et aux alentours.  Les poteries cuites lors de l’expérimentation ont été réalisées par le potier de Samara, selon deux techniques gallo-romaines : le modelage et le tournage. Toutes les étapes de la chaine opératoire de la préparation de l’argile ont été suivies. Afin de répondre aux interrogations des archéologues sur l’utilité des fours, des cuissons expérimentales furent réalisées au cours du congrès international de la Sfécag (Société française d'étude de la céramique antique en Gaule). Parcourez le livret de l'expérimentation : De l'argile à la poterie.

experimentation four potier  cuisson poteries  archeologues poterie

L'opération de valorisation de mai 2014 s'est attachée à la reconstitution de fours à sel gaulois. Ces fours ont fonctionné au cours du congrès international de l'Afeaf (Association française pour l'étude de l'âge du fer) qui s'est rendu à Samara le 29 mai 2014. Cette reconstitution porta sur les découvertes archéologiques de Gouy-Saint-André qui contribuent à enrichir les connaissances régionales sur l’histoire du sel. Ces découvertes montrent que la géographie de la production du sel à l’époque gauloise dans le nord de la France est complexe. La bonne conservation des fourneaux permet de reconstituer toutes les étapes de leur construction : creusement d’une fosse, plaquage d’argile sur les parois, construction d’une armature en bois ou de piliers en terre cuite pour servir au montage de la grille. Cette expérimentation s'inscrit dans l'actualité archéologique : au moment de la reconstitution du four à Samara, en avril 2014, l’Inrap met au jour un four à sel sur la commune de Saint-Quentin-la Motte-Croix-au-Bailly, dans la Somme. Il s’agit d’un four identique à celui de Gouy-Saint-André. Parcourez le livret de l'expérimentation : Le sel de la terre.


   

Le pavillon des expositions est situé au cœur du parc. Ce bâtiment de 1200m2 accueille deux expositions permanentes : "Les scènes de la Préhistoire" et "600 000 ans d’Histoire en Somme". Ces expositions présentent 600 000 ans d’Histoire par la restitution des espaces paysagers et des scènes de vie quotidienne dans leur contexte archéologique. Vous pourrez y suivre des visites guidées, les mercredi, week-end et chaque jour des vacances scolaires.
Chaque scène de reconstitution évoque l’évolution de l’Homme, de son environnement, de son mode de vie et de ses techniques.

La boutique abritée dans ce bâtiment, propose des ouvrages archéologiques sélectionnés pour tous les publics, des documentaires filmés ainsi que des objets fidèlement reconstitués (copies de bijoux antiques).

La forme originale du bâtiment a été conçue par Bruno Lebel, Grand prix de Rome. Il donne à l’interprétation de cette architecture plusieurs niveaux de lecture : une représentation physique et psychique de l’homme ainsi qu’une représentation cosmique.

Pavillon expositionsPavillon expositions chaudronvisite familiale

Le marais de Samara est composé d’anciennes fosses de tourbage, exploitées jusqu’au début du 20ème siècle. Etendu sur 5,5 hectares de zones humides, le marais fournit un observatoire de la faune et de la flore d’une grande richesse.

Composé d’une mosaïque de milieux (étangs, roselières, saulaies…), ce site constitue un écosystème favorable et de grande valeur pour différentes espèces rares et protégées comme la Grande Douve (fleur), la Gorgebleue à miroir (oiseau) ou encore le Meconème méridonial (insecte)….qu’il est important de préserver. Cette mission a été confiée au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Vallée de Somme, gestionnaire du marais et chargé du suivi écologique depuis maintenant 15 ans.

Le circuit des marais comprend sept étapes correspondant à l’évolution du marais et à ses différents stades de comblement.

La fete de la nature gorgebleue a miroir marais mare1

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