Anecdote

En 1990, Samara décide de reconstituer un fous de potier gallo-romain fouillé à Beuvraignes (Somme) sur le tracé de la ligne TGV-Nord. Pour ce faire, le parc utilise les vraies tuiles plates (tegulae) utilisées au 3ème siècle pour construire le four originel. Les archéologues découvrent alors sur l’une d’elles une empreinte de tissu probablement laissée par le coude du potier sur l’argile encore humide. Des moulages de l’empreinte sont réalisés puis agrandis et minutieusement observés pour préciser la nature des fils, leur mode de torsion et la manière dont ils ont été tissés. Des échantillons sont réalisés (en laine et en lin). Les tissus sont appliqués sur des plaques d’argile fraiches et les empreintes laissées sont ensuite comparées à l’original à l’aide d’un microscope. Un échantillon de ce tissu en laine, très proche de celui du potier romain est présenté à l’atelier tissage de Samara. Sa couleur nous reste inconnue…

L’apparition du tissage

On fait généralement remonter l’invention du tissage au Néolithique, au moment où l’Homme domestique les espèces végétales (le lin) ou animales (le mouton et la chèvre qui fournissent de la laine). Deux découvertes récentes ont fait reculer l’âge des premiers tissus :

  • Une empreinte de tissu a été observée sur la Vénus de Dolni Vestonice en République Tchèque, statuette d’argile cuite vieille de 2800 ans.
  • Près de 700 fragments de fibres de lin portant des traces de torsions, de noeuds et même de couleurs ont été découverts en 2008 dans la grotte de Dzuduana en Géorgie, dans des niveaux vieux de près de 36000 ans.

Les milieux propices à la conservation du tissu
La conservation des tissus étant exceptionnelles de même que leurs empreintes, les archéologues ont à leur disposition d’autres traces indirectes comme les pesons, les fusaïoles ou encore les restes d’insectes (mites) ou spores de champignons (chaetomium) qui parasitent les tissus. Voici quelques milieux propices à la conservation des tissus :

  • Les lacs alpins
  • Les salines ou mines de sel du Hallstat, pour les périodes plus récentes.
  • Les milieux arides (nous avons l’exemple des momies d’Egypte)

Les matériaux tissés

D’abord le lin, peut être l’ortie, le chanvre puis la laine à partir de l’âge du bronze.

Références documentaires

Quand le textile rencontre l’argile, « L’archéologue n°55 » M.P. Puybaret et F. Medard ,
Les premiers tissus, Archéologia n°188, H. Mazurel,
Science, Revue de septembre 2009

La Fresque en Gaule

La fresque est une technique de peinture murale dont les premiers exemples apparaissent en Gaule du sud avant la conquête romaine, sous l’influence de la culture hellénistique et romaine, mais qui prend un essor important avec la romanisation, où les élites provinciales gauloises adoptent cette mode venue d’Italie. Le goût pour la fresque se répand rapidement et les ateliers régionaux se multiplient, assimilent les techniques et modèles romains mais expriment aussi des variantes locales.

Construction et Composition

Le mur, destiné à recevoir la peinture, était recouvert de couches successives de plus en plus fines d’enduit fait d’un mortier de sable et de chaux, dont la dernière recevait les couleurs « a fresco » (dispingere a fresco : peindre « à frais » en italien). L’enduit devait être « frais », c'est-à-dire humide, pour fixer les couleurs de la peinture et rester un peu transparent pour permettre de distinguer la sinopia sous-jacente (dessin préparatoire de couleur rouge). La peinture ne pouvant être retouchée par la suite, l’enduit était appliqué au jour le jour selon le temps d’exécution nécessaire. Le travail de préparation du support était donc important et minutieux.
Les motifs reproduits reflètent les modes venues d’Italie mais avec une grande originalité de traitement selon les goûts et le « standing » du propriétaire : figures mythologiques, animaux fantastiques, frises végétales, décors en trompe-l’oeil, nature-morte…

Conservation et restauration

La conservation des fresques in situ est rare (le cas de Pompéi est exceptionnel). Les décors muraux ont presque toujours été détruits dès l’Antiquité lors d’un réaménagement de la maison par ses propriétaires ou lors d’une destruction du lieu. L’archéologue ne retrouve la plupart du temps que quelques fragments tombés au sol ou éparpillés dans des remblais avec des gravats. Ces vestiges sont alors très fragiles et il s’agit, de les préserver, de les consolider avant de tenter de les remonter et de proposer une restitution graphique, en élévation, des parois. Les fragments peuvent aussi laisser apparaître les traces des murs avec leurs matériaux de construction, les ouvertures éventuelles (portes, fenêtres), la forme des plafonds. Ce qui permet de se faire une idée de l’atmosphère raffinée des pièces intérieures des maisons gallo-romaines. Les mortiers, pigments, styles sont aussi étudiés par l’archéologue. Ils permettent la datation et la meilleure compréhension des techniques de l’époque, ainsi que l’organisation des pièces d’une même habitation.

De la fouille à la restauration, un exemple amiénois

Les fouilles de la rue de l’oratoire à Amiens se sont déroulées en 1991. Elles ont livré sur 1500m2 plusieurs habitats antiques à proximité de l’ancien forum de la cité. Les peintures ont été trouvées dans le remblai d’une fosse de 6m45 de long, 1m30 de large et 0m75 de profondeur. Elles ont été traitées et restaurées par le CEPMR, Centre d’étude des peintures murales romaines, basé à Soissons un centre de renommée internationale.

Références documentaires

La peinture murale romaine dans les provinces du nord, R.A.P n°1/2, 1990,
Actes de séminaires de l’association françaises de peintures murales antiques, Revue archéologique de Picardie n°10, 1995,
La construction romaine, matériaux et techniques, J.P. Adam, Picard, 1995,
Les collections archéologiques du Musée de Picardie, Amiens, 1990,
La marque de Rome, Samarobriva et les villes du nord de la Gaule, Musée de Picardie, Amiens, 2004
Le dernier jour de Pompéi, Peter Nicholson, Production BBC, 2003, Film docu-fiction, « C’est pas sorcier », Pompéi, émission de 2001. Visite virtuelle de Pompéi, une villa de Boscoreale : http://www.capware.it

Les changements climatiques

Il y a 12000 ans, Homo Sapiens a conquis la majeure partie de notre planète. La dernière glaciation a pris fin et les conditions climatiques deviennent favorables à la croissance de céréales sauvages et de légumineuses dans certaines régions.

Les foyers d’apparition de l’agriculture

L’apparition de l’agriculture ne connaît pas au sens strict une origine géographique précise. Elle apparaît presque simultanément en divers lieux de la planète, à une époque ou les différentes populations concernées n’ont pas encore de contact entre elles.
L’agriculture est donc inventée chez ces peuplades de manière autonome, puis elle se diffusera à partir de ces quelques foyers d’origine principaux :

  1. Le croissant fertile : culture du blé
  2. La Chine : culture du riz
  3. L’Amérique centrale : culture du maïs
  4. L’Afrique : culture du mil, du sorgho

Les changements de mode de vie au Néolithique

Outre la culture de plantes et l’élevage de quelques espèces d’animaux domestiques, le Néolithique induit un grand nombre de changements dans le mode de vie de l’homme :

  • Il se sédentarise et construit de véritables villages, comprenant plusieurs maisons aux murs de pisé et aux toits de chaume.
  • Il défriche de larges espaces dans la forêt des chasseurs mésolithiques pour y établir des champs de céréales.
  • Il est le premier humain à exercer un véritable impact sur son environnement. La nécessité de stocker entraine la construction de greniers, de silos, la réalisation de grands récipients de terres cuites. La possibilité de stocker la nourriture va entrainer un véritable essor démographique, en même temps surgissent les premiers conflits armés. Les échanges entre groupes vont s’intensifier.

A noter que si le Néolithique a longtemps été assimilé à l’âge de la pierre polie, la technique de polissage ne concerne qu’un petit nombre d’outils comme les haches rendues ainsi plus
résistantes aux chocs.

Les outils agricoles du Néolithique

PHOTOS

L’étude des outils agricoles

La tracéologie est l’étude des traces laissées sur les outils. C’est la tracéologie qui a permis d’identifier des lames ayant été utilisées comme faucilles ou armatures de faucilles montées sur un manche. En effet des traces très caractéristiques sont observées sur les lames et attestent de l’action des phytolithes. Les phytolithes étant des éléments siliceux contenus dans la paille de blé donnant une patine très particulière sur la lamelle de silex.

Réussir une galette

pour 1kg de farine

  1. Mélanger votre farine avec de l'eau
  2. Prenez un morceau de pâte que vous aplatissez et faites
  3. le cuire sur des braises ou des cendres
  4. Retournez, la cuisson est assez rapide
  5. A servir avec du miel, de la compote, de la confiture

Le Diagnostic

Lorsque le patrimoine archéologique est menacé par des travaux d’aménagement (construction d’autoroute, de canal, de ligne T.G.V., de parkings, de lotissements…), la loi de 2001 prévoit l’intervention des archéologues, au préalable, pour établir un diagnostic. Ils se documentent sur l’espace concerné : consultent les archives, les photos aériennes prises… et pratiquent des sondages à intervalles réguliers pour déceler le potentiel archéologique du terrain. Suite à ce compte rendu, l’Etat peut décider de la réalisation d’une fouille préventive d’une durée limitée. Les opérations archéologiques sont financées par les aménageurs et réalisées par des organismes agréés par l’Etat. Seules 20% environ des surfaces aménagées, chaque année en Picardie, font l’objet d’un diagnostic archéologique et seuls 20% de ces diagnostics donnent lieu à une fouille préventive. Les fouilles programmées permettent une étude scientifique plus sereine, qui peut s’étaler sur plusieurs années, car elles sont indépendantes de tout aménagement menaçant les vestiges archéologiques. Mais elles sont de moins en moins nombreuses.

Sur le terrain

La fouille sur le terrain est un travail d’équipe qui comporte de nombreuses tâches et mobilise de multiples compétences. Il faut d’abord décaper le terrain, le plus souvent aujourd’hui à la pelle mécanique, carroyer la zone de fouilles, dégager les vestiges, les relever (dessin, enregistrement des informations : plans, notes, photographies…), les prélever, les conserver en vue de leur étude future. Ceci avec le plus grand soin car, après le passage des archéologues, le site est détruit.

L’étude et la diffusion des résultats

Après le travail de terrain, vient le temps de l’analyse scientifique en laboratoire. Les vestiges les moins fragiles sont nettoyés, marqués, étudiés. Les plus fragiles nécessitent parfois une attention particulière et le recours à des spécialistes du traitement des os, du métal, des céramiques, des peintures murales… L’ensemble du matériel est traité en vue de sa conservation et de sa présentation possible dans un musée Les archéologues doivent exploiter les résultats de leurs découvertes et participer au développement de la connaissance archéologique, en diffusant les informations au sein des institutions de recherche et d’enseignement (universités, C.N.R.S., ministère de la Culture…) mais aussi auprès du grand public, à travers la publication de leurs travaux, des conférences, des expositions, la visite de chantiers, la réalisation de films documentaires. De nombreuses sciences apportent leur concours au travail des archéologues : la géographie, l’histoire, la géologie, l’anthropologie, la topographie, la palynologie, la céramologie…ce qui en fait une discipline très complète.

Vocabulaire

- Archéologie : elle interprète les vestiges matériels laissés par les sociétés humaines.
- Anthropologie : étude des caractéristiques humaines.
- Archéozoologie : son but est de reconstituer les relations de l’homme avec le monde animal au cours du temps, en étudiant les ossements animaux.
- Carpologie : elle étudie les semences (fruits, graines…) ainsi que tous les éléments issus de végétaux découverts dans les sédiments.
- Dendrochronologie : étude des variations de l’épaisseur et de la densité des cernes de croissance annuelle des arbres qui permet la datation.
- Géologie : science qui décrit les matériaux qui constituent la Terre et étudie les transformations qu’elle subit.
- Ichtyologie : étude des restes de poissons.
- Malacologie : elle analyse les coquilles des mollusques terrestres et aquatiques.
- Numismatique : science des monnaies et des médailles.
- Paléontologie : étude de l’évolution des espèces fossiles, animales comme végétales.
- Palynologie : étude des spores et des grains de pollens.
- Pédologie : étude de la formation des sols.
- Topographie : description des formes d’un terrain.
- Tracéologie : étude des traces d’usure laissées sur les outils.

Références documentaires

Guide des méthodes de l’archéologie, J.P.Demoule, F.Giligny, A.Lehoërft, A.Schnapp, Paris, La découverte, 2005,
L’archéologie, Textes et Documents pour la Classe : n°929. 1/02/2007.
Empreintes du passé, Introduction à l’archéologie aérienne, Roger Agache. DVD, 2005, SCEREN CRDP Amiens,
www.inrap.fr
www.archeologie.culture.gouv.fr

feu neo

Ce que nous savons du feu

Dans notre imagerie collective, la maîtrise du feu est l’une des étapes majeures de l’évolution de l’Homme, qui va le faire émerger de l’animalité pour lui donner son statut d’être supérieur. Elle intervient après l’invention de l’outil et avant l’inhumation des morts puis la domestication d’autres espèces, animales et végétales. Si la fabrication du premier outil remonte à environ 2,5 millions d’années, les chercheurs semblent s’accorder pour dater l’acquisition du feu à environ 450 000 ans. Difficile de savoir comment s’est accomplie cette acquisition. Avant de produire eux-mêmes l’étincelle magique, les hommes se sont-ils contentés de le "voler" aux volcans, aux feux de brousse ou à d’autres groupes humains comme nous le raconte La Guerre du feu ? (ouvrage de J.-H. Rosny aîné publié en 1911 et adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud en 1981).

Difficile pour les archéologues, à partir de quelques pierres chauffées, de trancher entre les traces d’un incendie naturel et celles d’un véritable feu entretenu. Les plus anciennes traces sont sujet à controverses, comme en Afrique ou en Israël. Mais vers 450 000 ans, les preuves deviennent multiples et plus tangibles, c’est le cas pour Choukoutien (50 km au sud-ouest de Pékin en Chine, site archéologique ayant livré l’un des premiers fossiles d’Homo erectus) ou Terra Amata (site archéologique situé à Nice dans les Alpes-Maritimes, ayant livré les traces de l’un des plus anciens foyers d’Europe). Actuellement, le plus ancien foyer de France a été découvert à Menez-Dregan, près d’Audierne, dans le Finistère.

Comment produire le feu

le feuIl existe plusieurs techniques pour produire le feu, pour certaines nous n’avons que peu de traces archéologiques. C’est le cas pour la technique par frottement de morceaux de bois (rotation avec ou sans archet), le bois est malheureusement un élément biodégradable et de tels briquets ne remontent guerre qu’à 2 ou 3 millénaires. Il en est de même pour les allumeurs par compression, dans une "pompe" faite de deux tubes de bambous coulissant l’un dans l’autre dont nous n’avons pas de trace archéologique. A Samara, nous avons choisi de présenter l’allumage par le silex. Si les étincelles produites par deux silex frappés l’un contre l’autre ont peu de chance de produire du feu, en revanche en percutant un morceau de minerai de fer (pyrite ou marcassite par exemple) avec une lame de silex, l’étincelle produite transportera suffisamment de chaleur pour initier la combustion de l’amadou (champignon parasite des arbres), de l’étoupe ou de la mousse. Un peu d’entraînement. Un minimum de patience. Un savoir-faire qui va permettre, quasiment à l’infini, de faire jaillir la flamme.

Les utilisations du feu

Les premières fonctions du feu sont tout d’abord de vaincre le froid et permettre aux hommes de s’aventurer dans des contrées plus au Nord aux hivers rudes. Vaincre les ténèbres, allonger le jour, repousser les fauves loin du campement. Renforcer la cohésion sociale du groupe autour de son foyer. Cuire les aliments, rendre la viande plus facilement assimilable et aussi plus savoureuse, la fumer pour mieux la conserver. Durcir la pointe de l’épieu pour le rendre plus efficace à la chasse. Peut-être tout cela à la fois. Peut-être d’autres fonctions que nous ignorons.

Par la suite ...

Au Paléolithique supérieur, les lampes à graisse permettront à Homo sapiens de s’aventurer dans les grottes et d’y graver ou peindre des figures animales. Vers - 25 000 ans, le feu lui servira même à cuire de petites figurines de terre (La Vénus de Dolni-Vestonice, République Tchèque). Ce n’est qu’au Néolithique, près de 15 000 ans plus tard que sapiens, devenu agriculteur et sédentaire, appliquera l’art de cuire la terre à la fabrication des poteries. Il y a 4000 ans, le feu permet aux premiers métallurgistes de fondre le cuivre, puis le bronze pour fabriquer armes, bijoux et outils. Des fours de plus en plus élaborés, une température plus élevée permettront aux gaulois de devenir de remarquables forgerons passés maîtres dans l’art de travailler le fer. Au XVIIIème siècle, une nouvelle fonction sera assignée au feu, la fonction motrice qui nous fera passer de la machine à vapeur de Papin aux fusées et à la conquête de la lune….

Références documentaires

Préhistoire du feu, Catherine Perlès, Ed. Masson, Paris 1977.
Le feu avant les allumettes, Jacques Collina-Girard, Ed. de la Maison des sciences de l’Homme, Paris 1998.
Il était deux fois… le feu, Réalisateur Jean-Luc Bouvret, E. Serrano 1997

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