Cette partie du parc est consacrée aux savoir-faire artisanaux et à la présentation des grandes périodes préhistoriques par la reconstitution d’habitats à échelle réelle. L’archéologie vivante prend ici tout son sens.

Savoir-faire et artisanat ancestraux

Le premier atelier que vous apercevrez est celui de l’artisan tailleur de pierre. Le second atelier est celui du potier, il présente, entre autres, les techniques de moulage du Néolithique et le tour de potier gaulois et gallo-romain. Vous pourrez également, selon la date de votre visite, échanger sur les techniques de tissage, de taille de silex ou encore de travail du bois.

atelier tissage

Par les gestes qu'ils reproduisent, les artisans et médiateurs tentent de retrouver les techniques utilisées pendant près de 15 000 ans. Lors d'expérimentations archéologiques, notamment pendant les événements, ils peuvent tenter de suivre la chaine opératoire de la reconstitution d'un objet ou d'une technique préhistorique.

La taille lithique

Par taille lithique, il faut entendre : taille du silex (lithos : la pierre).
Vous pourrez découvrir les techniques de taille pour créer un outil ou une arme préhistorique : pointe de flèche, perçoir, grattoir...

La poterie
Le potier vous explique les différentes techniques pour façonner l’argile, décorer la poterie… depuis la période néolithique jusqu'à la période gallo-romaine.

Le tissage
Le travail autour de fibres textiles (végétale tel que le lin ou animale tel que la laine) permet d'illustrer le filage, la teinture, le tissage depuis le Néolithique jusqu'à l'époque gallo-romaine.

Le travail sur bois
Le choix des reconstitutions d'objets en bois s'est porté sur celles réalisées avec un outillage métallique datant des périodes gauloise et gallo-romaine. Un grand éventail d'assemblages, d'outils, permet une production d'objets domestiques visible sur le parc (vaisselles, statues, outils agricoles, armement, ameublement, ex-voto...).

La vannerie - la sparterie
La fabrication de "cordes" apparait dès le Paléolithique Supérieur. Puis, à partir du Mésolithique,  le travail de la vannerie devient plus précis, plus délicat : confection de nasses, de corbeilles, de paniers spiralés, de vans, de filets notamment pour les activités liées à la pêche.
Tous ces objets sont réalisés à l'aide de matières végétales (clématite, osier, saule, noisetier, ronces, carex...).


Les reconstitutions d’habitats
toit de chaume
Les reconstitutions d’habitats, restituées à partir de fouilles réalisées en Picardie, sont l’illustration à échelle réelle des données fournies par l’archéologie. Ces maisons permettent une immersion dans la vie quotidienne de nos ancêtres, habitants de notre territoire du Paléolithique à l’Âge du fer.

Chaque reconstitution représente une étape de l'évolution de l'Homme en Picardie : habitat nomade, premier habitat sédentaire, habitat des premiers métallurgistes, habitat Gaulois juste avant la conquête de Jules César. Fiable sur le plan scientifique, chaque habitat reste une reproduction hypothétique puisque les archéologues retrouvent peu de vestiges de ces époques lointaines.

La tente du Paléolithique supérieur

les tentes paleolithiquesA la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans, les chasseurs Magdaléniens -le dernier peuple du Paléolithique- ont un mode de vie semi-nomade ou itinérant. Le gibier composé de rennes ou de chevaux est abattu en masse lors des périodes de migrations au printemps ou à l'automne. La chasse s’effectue à la sagaie lancée à l’aide d’un propulseur qui augmente considérablement la puissance et l’efficacité du tir.

Réalisée à partir des fouilles d’Etiolles et de Pincevent - la section 36 -, au sud de Paris, la tente reconstituée était probablement recouverte de peaux de rennes ou de chevaux. L’armature de l’habitation est composée de petites branches de moins de 2 mètres, les seules disponibles dans l’environnement glaciaire de cette époque. En Europe centrale et orientale, l’armature des tentes est souvent réalisée avec des ossements de mammouths.

Pour reconstituer cette tente, il a fallu :
-    des branches de saule de plus de 3 mètres de long (il faut un bois tendre et malléable) ;
-    3 km de lanière de cuir ;
-    des kilos de matière grasse pour assouplir les liens et les peaux ;
-    une centaine de peaux entières pour la recouvrir.

Le site de référence de Verberie - de la tente du Paléolithique -
Durant les fouilles, il est évident que seules quelques traces d'occupation ont été retrouvées: elles correspondent au cercle de pierre servant à maintenir les peaux de la tente, aux différents "déchets" disséminés : vestiges osseux, vestiges de débitage laminaire, zones vides qui servaient pour le couchage...
Le gisement Magdalénien de Buisson Campin à Verberie dans l'Oise a été découvert en 1974 par B. Lambot et fut fouillé depuis par F. Audouze en collaboration avec J. Enloe. Les niveaux archéologiques sont conservés dans des limons de débordement de l'Oise en bordure de la plaine alluviale actuelle. Comme la plupart des gisements magdaléniens du Bassin parisien, les vestiges lithiques ou osseux s'organisent à proximité des foyers. La faune chassée se compose presque exclusivement de rennes et on dénombre de 10 à 30 individus abattus selon les niveaux.
Le site est interprété comme une série de campements saisonniers successifs de chasseurs de rennes. Dans le niveau supérieur, l'existence d'une aire de dépeçage caractérisée par une surface circulaire vide ou presque, entourée d'ossements de rennes a été mise en évidence. A proximité de cette zone, se trouve une aire de découpage de la viande en lanières, constituée par un espace vierge entouré d'omoplates, de côtes et de lames de silex utilisées comme couteaux de boucherie. L'étude de la faune permet de situer les périodes d'occupation du site à l'automne : entre septembre et la fin du mois de novembre, ce qui correspond à la migration des troupeaux de rennes.
Comme pour les gisements magdaléniens du Bassin parisien avec Pincevent, Etiolles, le gisement de Verberie s'inscrit dans un cycle de déplacement annuel des chasseurs magdaléniens. Les datations par la méthode du Carbone 14 ont révélé une occupation datant de 14 ou 15 000 ans avant notre ère.


La maison du Néolithique Ancien (5 000 avant notre ère)

maison neolithiqueElle a été reconstituée à partir des découvertes de Cuiry-les-Chaudardes, dans l’Aisne.
Un village de l’époque des premiers agriculteurs-éleveurs pouvait être formé de 4 à 5 de ces longues maisons (celle-ci mesure 28m sur 7m, d’autres peuvent atteindre 48m sur 8m). A l’intérieur de ces maisons, 30 à 50 personnes pouvaient y vivre. Elles étaient alignées, côte à côte, suivant une orientation est-ouest pour mieux résister aux vents dominants et le toit est à double pente, réalisé en roseaux et en chaume. Les murs sont réalisés selon la technique du clayonnage puis enduits d’un mélange appelé torchis à base d’argile et de matières végétales.

Dans un environnement naturel dominé par les forêts, les premiers travaux de défrichement ont commencé.
La charpente est portée par des rangées de 5 poteaux calés dans des trous très profonds. Les fosses latérales ont fourni, lors de la fouille, de nombreux vestiges qui permettent de reconstituer la vie quotidienne des habitants de la maison.

Le site de référence de Cuiry-les-Chaudardes
Le village Néolithique de Cuiry-les-Chaudardes dans l'Aisne est fouillé depuis 1972. Ce site est en pleine zone alluviale et est soumis aux intempéries.
Plus de 60 000 mètres carrés fouillés ont permis de mettre au jour une trentaine de maisons. Il s'agit de la plus grande surface fouillé en France sur un site Néolithique.
Plusieurs hameaux de trois ou quatre maisons, établis près de la rivière, s'y sont succédés pendant environ deux siècles.
Les maisons, rectangulaires et trapézoïdales, mesurent une dizaine de mètres pour les plus petites, quarante mètres pour les plus grandes. Etablis sur des terres fertiles, entre l'eau et la forêt, les bâtiments sont orientés selon la direction des vents dominants. C'est dans les fosses qui bordent les maisons, creusées pour la fabrication du torchis puis utilisés comme dépotoirs, que l'on a retrouvé l'essentiel des objets permettant de comprendre l'économie et la vie quotidienne des populations du Vème millénaire avant notre ère. Il ne subsiste des bâtiments que les trous de poteaux.

Chaque maison semble avoir abrité "une famille élargie" et l'on estime que le village pourrait avoir réuni une soixantaine de personnes. La construction du village de Cuiry-les-Chaudardes au début du Vème millénaire est attribuée à la venue de colons originaires de l'Est qui apportent avec eux une économie nouvelle fondée sur la pratique de l'agriculture et de l'élevage : il s'agit des peuples du Proche Orient.


La maison de l’Age du Bronze (700 ans avant notre ère)

maison age du bronzeElle a été reconstituée d’après les fouilles de Choisy-au-Bac, au confluent de l’Oise et de l’Aisne.
La population s’accroît, l’action de l’homme se fait très forte dans l’environnement.
L’utilisation de l’araire et l’apparition de l’outillage métallique favorisent de nouveaux défrichements. La multiplication des sites fortifiés révèle des tensions entre les communautés voisines pour l’obtention des terres. Le commerce des matières premières (cuivre, étain…) et d’objets finis en métal entre les différentes régions va de pair avec une circulation des techniques et des idées.
Les dimensions plus réduites de cet habitat (7m sur 5) indiquent des modifications au sein du groupe familial. Les poteaux ne sont pas plantés dans le sol, la charpente est portée par une ossature de bois, posée sur une semelle de fondation. Elle est caractérisée par son toit à quatre pans et les pièces de bois sont reliées par des assemblages complexes réalisés à l’aide d’un outillage métallique. Cette maison présente les caractères d’une maison individuelle (contrairement à la maison du Néolithique) délimitée par un enclos (ce qui marque le début de la propriété privée).



La nouvelle maison gauloise (300 ans avant notre ère)
maison age du ferDepuis la création de Samara, les connaissances archéologiques ont largement évoluées, principalement du fait de l’essor de l’archéologie préventive. Les fouilles souvent menées sur des dizaines d’hectares, à l’occasion de travaux d’aménagement (routes, ZAC, lotissements…), révèlent l’évolution des formes d’occupation du sol. Pour l’époque gauloise (Ve-Ier siècle avant notre ère) l’archéologie montre une campagne densément occupée par l’homme, parfois riche propriétaire terrien, qui y a édifié ses fermes. Samara est en mesure de reconstruire, au plus près de la réalité, l’une des demeures de l’aristocratie gauloise.

La ferme du IIIème siècle avant notre ère

Dans le cadre de recherches menées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), près d’Amiens, dans la Zac de la Croix de Fer, ont été mis en évidence les plans de dizaines de fermes et leur cortège de constructions, fosses, fossés et tombes. L’un de ces sites, découvert sur la commune de Glisy, illustre un type d’organisation qui apparaît dans la région à la fin du IVe siècle avant notre ère. Les habitats, qui se présentaient jusque là sous forme de petits hameaux ouverts, vont soudainement se retrancher à l’intérieur d’enceintes délimitées par un fossé. Bien que l’on ne soit pas en présence de réelles fortifications, cette volonté de regrouper et de protéger les activités de l’exploitation agricole témoigne d’un tournant social important, caractérisé par la matérialisation des limites d’une propriété. Dans le même temps, le soin apporté à la réalisation des clôtures et parfois leur aspect imposant expriment la richesse des habitants du lieu.

Une ferme bien structurée

A Glisy, le fossé ne borde qu’une partie de la ferme et on suppose que la clôture se prolongeait en une haie dense pour enclore un espace d’environ 3000 m². Le fossé, creusé dans la craie, atteint une profondeur d’1,20 m ; à l’origine elle devait avoisiner les 1,60 m. Dans l'espace intérieur de la ferme, la distribution des bâtiments et des structures de stockage témoigne d’aires d’activités spécialisées. Les activités agricoles se concentraient dans la partie ouest et les activités domestiques ou artisanales dans la partie sud-est. Des espaces dépourvus d’aménagement constituaient des cours ou des jardins.
Une douzaine de bâtiments sur poteaux se répartit de manière ordonnée sur le pourtour de la ferme. On y trouve de petits bâtiments, utilisés comme greniers pour stocker les denrées ou pour certains comme poulaillers. D’autres constructions rectangulaires d’une quinzaine de mètres carrés ont pu servir de granges ou d’abri pour les animaux. À l'angle sud de la ferme, la plus grande construction, qui atteint près de 100 m², pourrait correspondre à une grange. Dans la partie nord, à proximité des greniers, se répartissent trois silos à céréales creusés en pleine terre ; l’un d’eux a été réutilisé pour inhumer un enfant d’environ huit ans ; un autre contenait un masque facial humain, les restes d’un bouclier et les reliquats alimentaires d’un banquet qui témoignent de gestes à connotation cultuelle.
Au centre de la ferme, une construction semble correspondre à la maison d’habitation ; seuls subsistent aujourd’hui les poteaux qui soutenaient la charpente et ceux qui marquaient les deux entrées opposées du bâtiment.

Une maison luxueuse

Les dimensions de cette maison, habitée il y a 2200 ans, sont de 7,80 m par 6,60 m. La toiture à quatre pans culmine à 7,50 m. Avec ses 50 m² au sol, cette bâtisse de bois, terre et paille, compte parmi les plus grandes de la région. Les archéologues ont fait le choix d’une finition soignée, avec des bois équarris, un plancher et des murs peints.


Découvrez les étapes de la construction de la maison gauloise

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