La Fresque en Gaule

La fresque est une technique de peinture murale dont les premiers exemples apparaissent en Gaule du sud avant la conquête romaine, sous l’influence de la culture hellénistique et romaine, mais qui prend un essor important avec la romanisation, où les élites provinciales gauloises adoptent cette mode venue d’Italie. Le goût pour la fresque se répand rapidement et les ateliers régionaux se multiplient, assimilent les techniques et modèles romains mais expriment aussi des variantes locales.

Construction et Composition

Le mur, destiné à recevoir la peinture, était recouvert de couches successives de plus en plus fines d’enduit fait d’un mortier de sable et de chaux, dont la dernière recevait les couleurs « a fresco » (dispingere a fresco : peindre « à frais » en italien). L’enduit devait être « frais », c'est-à-dire humide, pour fixer les couleurs de la peinture et rester un peu transparent pour permettre de distinguer la sinopia sous-jacente (dessin préparatoire de couleur rouge). La peinture ne pouvant être retouchée par la suite, l’enduit était appliqué au jour le jour selon le temps d’exécution nécessaire. Le travail de préparation du support était donc important et minutieux.
Les motifs reproduits reflètent les modes venues d’Italie mais avec une grande originalité de traitement selon les goûts et le « standing » du propriétaire : figures mythologiques, animaux fantastiques, frises végétales, décors en trompe-l’oeil, nature-morte…

Conservation et restauration

La conservation des fresques in situ est rare (le cas de Pompéi est exceptionnel). Les décors muraux ont presque toujours été détruits dès l’Antiquité lors d’un réaménagement de la maison par ses propriétaires ou lors d’une destruction du lieu. L’archéologue ne retrouve la plupart du temps que quelques fragments tombés au sol ou éparpillés dans des remblais avec des gravats. Ces vestiges sont alors très fragiles et il s’agit, de les préserver, de les consolider avant de tenter de les remonter et de proposer une restitution graphique, en élévation, des parois. Les fragments peuvent aussi laisser apparaître les traces des murs avec leurs matériaux de construction, les ouvertures éventuelles (portes, fenêtres), la forme des plafonds. Ce qui permet de se faire une idée de l’atmosphère raffinée des pièces intérieures des maisons gallo-romaines. Les mortiers, pigments, styles sont aussi étudiés par l’archéologue. Ils permettent la datation et la meilleure compréhension des techniques de l’époque, ainsi que l’organisation des pièces d’une même habitation.

De la fouille à la restauration, un exemple amiénois

Les fouilles de la rue de l’oratoire à Amiens se sont déroulées en 1991. Elles ont livré sur 1500m2 plusieurs habitats antiques à proximité de l’ancien forum de la cité. Les peintures ont été trouvées dans le remblai d’une fosse de 6m45 de long, 1m30 de large et 0m75 de profondeur. Elles ont été traitées et restaurées par le CEPMR, Centre d’étude des peintures murales romaines, basé à Soissons un centre de renommée internationale.

Références documentaires

La peinture murale romaine dans les provinces du nord, R.A.P n°1/2, 1990,
Actes de séminaires de l’association françaises de peintures murales antiques, Revue archéologique de Picardie n°10, 1995,
La construction romaine, matériaux et techniques, J.P. Adam, Picard, 1995,
Les collections archéologiques du Musée de Picardie, Amiens, 1990,
La marque de Rome, Samarobriva et les villes du nord de la Gaule, Musée de Picardie, Amiens, 2004
Le dernier jour de Pompéi, Peter Nicholson, Production BBC, 2003, Film docu-fiction, « C’est pas sorcier », Pompéi, émission de 2001. Visite virtuelle de Pompéi, une villa de Boscoreale : http://www.capware.it

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