Ce que nous savons des outils de silex

C’est à Homo habilis qu’on attribue généralement la paternité du premier outil. Vers - 2,5 millions d’années, cet ancêtre aménage un galet par percussion et enlèvement de quelques éclats, créant ainsi une arête tranchante. Prolongement de sa main, le premier "chopper" ou "galet aménagé" va lui permettre d’exercer des actions que son physique ne lui autorisait guère. Par exemple, casser les os longs des pattes sur une carcasse de grand herbivore et accéder ainsi à la moelle, ressource importante de protéines. Toujours en Afrique, vers 1,5 millions d’années le galet aménagé se perfectionne, devenant biface. Un million d’années plus tard, vers - 500 000 ans, ce biface constitue toujours l’outil à tout faire des premiers habitants de notre région. Après avoir utilisé, d’abord tels quels puis retouchés, les éclats produits par le façonnage des bifaces, le tailleur de silex va de plus en plus chercher à produire des éclats "prêts à retoucher" et ainsi diversifierson outillage.

A partir de - 300 000 ans, le débitage Levallois permet aux Néandertaliens de produire des couteaux et racloirs très fonctionnels sur des éclats aux formes et aux dimensions prédéterminées. A son arrivée dans l’ouest de l’Europe, il y a 40 000 ans, Homo sapiens va systématiser la production de lames, supports d’outils plus fins et plus longs. Il ajoute à sa panoplie le burin pour le travail de l’os et diverses pointes de sagaies A la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans, les chasseurs du Mésolithique, qui emploient l’arc, miniaturisent leurs pointes de flèches (on parle alors de microlithes). Les premiers paysans du Néolithique produisent de nouveaux outils adaptés aux travaux agricoles (pics, ciseaux..). Ils polissent les haches utilisées pour le défrichement de leurs champs.

L’étude des silex par la méthode des remontages

La fouille d’un site préhistorique peut livrer des milliers d’artefacts de silex.Lors des études post-fouilles de laboratoire, l’archéologue peut se livrer à un gigantesque travail de puzzle et remonter, tout au moins partiellement, les dizaines de blocs qui ont été débités des milliers d’années auparavant.
Les enseignements de ces remontages sont riches et multiples :

  • Approcher les méthodes et techniques employées pour la taille.
  • Identifier les types de produits recherchés, éventuellement les emports de ces produits à l’extérieur du site.
  • Localiser spatialement dans le campement les différents postes de taille, les circulations d’outils, leur reprise…
  • Définir des zones d’activité (découpe de la viande, travail de la peau, de l’os) autour des zones de foyers.

Sur le site de Pincevent, on a pu définir le degré de compétence des différents tailleurs et même la proportion de tailleurs gauchers.

Une autre méthode d’étude des outils de silex : la tracéologie

L’archéologue observe avec un microscope électronique à fort grossissement les traces d’usure sur les outils recueillis lors des fouilles.Il réalise ensuite lui-même des outils semblables àceux qu’il étudie, puis il les utilise pour différentes actions sur divers matériaux. Il compare alors les stigmates laissés sur les deux séries et confirme ou non ses hypothèses. Il pourra alors préciser quelles sont les parties actives de l’outil qui ont été utilisées, comment elles l’ont été et sur quelle matière :

  • raclage d’un os ou d’une peau
  • sciage de bois
  • découpe de viande
  • percussion ou gravure sur un bois de cervidé
  • lustré des céréales sur des lamelles de silex emmanchées dans une faucille.

Références documentaires

  • L’outil de pierre préhistorique, J.-L. Piel-Desruisseaux, Ed. Masson, 1984
  • La dénomination des objets de pierre taillée, Michel Nacu Brézillon, CNRS Ed., 1997
  • Tailler le silex, Jean-Paul Lhomme et Serge Maury, Conseil Général de la Dordogne, Service de l’archéologie, 1990

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