Vers un régime carné

Si nos lointains ancêtres étaient de petits primates arboricoles au régime frugivore, les premiers hominidés vont diversifier leurs ressources alimentaires. Un apport carné leur permet de répondre au besoin important de calories, de protéines dû à l’accroissement du volume cérébral. Un régime omnivore leur permet de s’adapter sous des latitudes où les hivers sont plus marqués. Des traces de découpes récemment découvertes sur des os en Ethiopie remonteraient à plus de 3 000 000 d’années.


Homo habilis s’est il contenté de "charognage"?
A quand remontent les premières chasses organisées ?

Paléolithique, l’époque des chasseurs

Plusieurs épieux de bois ont été découverts dans des niveaux du Paléolithique inférieur et moyen :

  • à Clacton-on-Sea en Angleterre
  • à Schöningen en Allemagne, un épieu d’épicéa est âgé de 360 000 ans.
  • à Lehringen en Allemagne, un épieu en if, âgé de 125 000 ans semble engagé dans le thorax d’un éléphant.

A coup sûr, les Néanderthaliens sont de redoutables chasseurs. Incertitude encore pour les premiers silex emmanchés à la pointe de projectiles (pointes moustériennes).

Cro-Magnon, un chasseur redoutable

A son arrivée dans nos contrées, il y a un peu moins de 40 000 ans, Homo sapiens révolutionne l’armement du chasseur. Il dispose d’une panoplie complète d’armes de jets composites (bois, os, ivoire, silex, tendon…) plus légères et très efficaces. Puis il invente le propulseur, ce bâton muni d’un crochet va allonger son bras, augmentant ainsi la vitesse initiale du projectile et donc accroître considérablement sa portée et sa puissance d’impact. Le fait qu’il ait représenté sur les parois des grottes les animaux qu’il côtoyait nous le fait encore plus ressentir comme un très grand chasseur.

Il y a 12 000 ans, le climat se réchauffe, la forêt recouvre la steppe froide. Le cerf, puis le sanglier remplacent le renne et le mammouth. En réponse à ce bouleversement écologique, le chasseur mésolithique s’est doté de l’arc et de la flèche. Les armatures de silex (microlithes = petites pierres), malgré leur petite taille, sont capables de transpercer un gibier à près de 30 m.

Des méthodes d’investigation très "pointues"

Pour approcher les techniques de chasse de la Préhistoire, les archéologues disposent d’une palette de plus en plus diversifiée de méthodes d’investigation. Ils recherchent, sur la faune découverte dans les campements, les traces d’impacts des projectiles et même les fragments de pointes de silex fichées dans les ossements.

Ils comparent les fractures de ces pointes avec celles d’armatures expérimentales qu’ils ont eux même fabriquées puis utilisées. Ils peuvent alors avancer des hypothèses de plus en plus précises sur le mode d’utilisation des « armes » de chasse (arme d’hast, plantées à la main ou armes de jet). Dans ce cas, ils préciseront éventuellement le moyen de propulsion (propulseur, arc).

Les proportions des différentes parties de squelettes présents sur un site montrent parfois des transports des morceaux les plus importants d’une carcasse.

L’étude des cernes de croissance des dents des jeunes herbivores indique leur âge d’abattage et donc la saison d’implantation d’un campement.

On sait aujourd’hui que les chevaux de Solutré n’ont pas sauté de la falaise, mais que des chasseurs ont ramené à leur campement des parties de carcasses d’animaux qu’ils avaient abattus plus loin dans la vallée.

Références documentaires

  • Chasse, « Archéopages » Janvier 2010 INRAP,
  • Les Magdaleniens modelaient aussi l’argile, Réalisateur Jean-Pierre Baux, 2004
  • Les gestes de la Préhistoire, ADDC Archéolud, Réalisateur Pascal Magontier, 2004

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