Les reconstitutions d'habitats

Les reconstitutions d'habitats

Restituées à partir de fouilles réalisées en Picardie, elles sont l’illustration à échelle réelle des données fournies par l’archéologie. Ces maisons permettent une immersion dans la vie quotidienne de nos ancêtres, habitants de notre territoire du Paléolithique à l’Âge du fer.

Chaque reconstitution représente une étape de l'évolution de l'Homme en Picardie : habitat nomade, premier habitat sédentaire, habitat des premiers métallurgistes, habitat des premiers celtes, habitat Gaulois juste avant la conquête de Jules César. Fiable sur le plan scientifique, chaque habitat reste une reproduction hypothétique puisque les archéologues retrouvent peu de vestiges de ces époques lointaines.

La tente du Paléolithique supérieur

15 000 ans avant notre ère

A la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 15 000 ans, les chasseurs Magdaléniens -le dernier peuple du Paléolithique- ont un mode de vie semi-nomade ou itinérant. Le gibier composé de rennes ou de chevaux est abattu en masse lors des périodes de migrations au printemps ou à l'automne. La chasse s’effectue à la sagaie lancée à l’aide d’un propulseur qui augmente considérablement la puissance et l’efficacité du tir.

Réalisée à partir des fouilles d’Etiolles et de Pincevent - la section 36 -, au sud de Paris, la tente reconstituée était probablement recouverte de peaux de rennes ou de chevaux. L’armature de l’habitation est composée de petites branches de moins de 2 mètres, les seules disponibles dans l’environnement glaciaire de cette époque. En Europe centrale et orientale, l’armature des tentes est souvent réalisée avec des ossements de mammouths.

 

La maison du Néolithique Ancien

5 000 ans avant notre ère

Elle a été reconstituée à partir des découvertes de Cuiry-les-Chaudardes, dans l’Aisne.

Un village de l’époque des premiers agriculteurs-éleveurs pouvait être formé de 4 à 5 de ces longues maisons (celle-ci mesure 28m sur 7m, d’autres peuvent atteindre 48m sur 8m). À l’intérieur de ces maisons, 30 à 50 personnes pouvaient y vivre. Elles étaient alignées, côte à côte, suivant une orientation est-ouest pour mieux résister aux vents dominants et le toit est à double pente, réalisé en roseaux et en chaume. Les murs sont réalisés selon la technique du clayonnage puis enduits d’un mélange appelé torchis à base d’argile et de matières végétales.

 

La maison de l’Âge du Bronze

700 ans avant notre ère

Elle a été reconstituée d’après les fouilles de Choisy-au-Bac, au confluent de l’Oise et de l’Aisne.

La population s’accroît, l’action de l’homme se fait très forte dans l’environnement.
L’utilisation de l’araire et l’apparition de l’outillage métallique favorisent de nouveaux défrichements. La multiplication des sites fortifiés révèle des tensions entre les communautés voisines pour l’obtention des terres. Le commerce des matières premières (cuivre, étain…) et d’objets finis en métal entre les différentes régions va de pair avec une circulation des techniques et des idées.

Les dimensions plus réduites de cet habitat (7m sur 5) indiquent des modifications au sein du groupe familial. Les poteaux ne sont pas plantés dans le sol, la charpente est portée par une ossature de bois, posée sur une semelle de fondation. Elle est caractérisée par son toit à quatre pans et les pièces de bois sont reliées par des assemblages complexes réalisés à l’aide d’un outillage métallique. Cette maison présente les caractères d’une maison individuelle (contrairement à la maison du Néolithique) délimitée par un enclos (ce qui marque le début de la propriété privée).

La maison celte

600 ans avant notre ère

Reconstituée à Samara en 2020, la maison celte a été réalisée à partir de fouilles menées sur le site de « La Valéette » à Méaulte.

Il s’agit pour les Hauts-de-France de l’une des premières découvertes à rattacher à un modèle d’établissements, palissadés, spécifique du premier Âge du Fer au sens large (une période allant du IXe au Ve siècle avant notre ère).

Les structures mises au jour sont presque exclusivement des trous de poteau, et révèlent un bâtiment circulaire (vraisemblablement une habitation), des greniers ou annexes et une palissade qui pourrait être une entrée monumentale.

Curieusement, l’architecture circulaire de cette maison du premier Âge du Fer est particulièrement proche des standards de Normandie, de Charente-Maritime, du sud de l’Angleterre et de Champagne, ce qui laisse penser à un mouvement d’uniformisation culturelle dans ces régions à cette époque.


 

 

La maison gauloise

 300 ans avant notre ère

Elle a été reconstituée d’après les fouilles menées par l’Inrap dans la Zac de la Croix de Fer à Glisy, près d’Amiens, où ont été mis en évidence les plans de nombreuses fermes et leur cortège de constructions, fosses, fossés et tombes. Une douzaine de bâtiments sur poteaux se répartit de manière ordonnée sur le pourtour de la ferme : greniers, poulaillers, granges, abris pour les animaux,...

Au centre de la ferme, une construction semble correspondre à la maison d’habitation ; seuls subsistent aujourd’hui les poteaux qui soutenaient la charpente et ceux qui marquaient les deux entrées opposées du bâtiment.

Les dimensions de cette maison, habitée il y a 2200 ans, sont de 7,80 m par 6,60 m. La toiture à quatre pans culmine à 7,50 m. Avec ses 50 m² au sol, cette bâtisse de bois, terre et paille, compte parmi les plus grandes de la région. Les archéologues ont fait le choix d’une finition soignée, avec des bois équarris, un plancher et des murs peints.